OBJETS, IMAGES, DIVERS

Un quart d’heure tout juste avant brazil et la catastrophe de l’être.


Que Frédéric Lecomte cumule ou non les qualités propices à faire de lui un artiste, peu importe pour l’instant. Si le futur goûte les dévaluations inspirées, la bouffonnerie sagace, l’énergie dépensée sans compter, alors va, Lecomte le sera ou est. En attendant que l’avenir se décide, toutefois, mieux vaut que cet artiste échappé du périmètre de « l’art-machine » le plus exubérant conserve encore pour le moment le rôle qu’il s’est attribué, et qui lui convient le mieux : celui d’un ingénieur  facétieux, non des âmes comme l’eût voulu jadis un Staline mais, autrement bienvenu, celui de la déroute heureuse de l’être. De l’art, sans doute attendons-nous un soulèvement salvateur, une espérance supérieure, un lourd nappé de transcendance, tout cela à bon compte, comme toujours, en dépensant le moins possible, en monnayant l’absolu du même que l’on discute le prix d’une passe avec une prostituée. Comme si désirer l’absolu  suffisait pour le voir rappliquer au coup de sifflet. Comme s’il n’y avait qu’une intention à formuler pour que l’esprit se transporte de la base au sommet, et s’y installe comme un satrape, bouffi de mets idéaux. Sans doute est-il bon de le croire, au demeurant, parce que les illusions sont un excellent placébo, parce que nous crèverions de dépit intellectuel si la vérité pouvait être dite avec l’autorité d’une messe.- La vérité, Seigneur, quel mot barbare, il sonne comme l’aiguillon de la mort, on se tue en son nom, on se damne en lui, on s’exténue pourtant à vouloir saisir ce qu’il incarne, langue pendante, le cœur en plein effort : cours camarade, ne mollis surtout pas, la vérité est devant toi, à porté de main.En tout état de cause, se confronter aux œuvres de Frédéric Lecomte décevra quiconque attend de l’art une vérité supérieure. Pas de hasard, à dire vrai, le coup est concerté, préparé de façon méticuleuse. Nul doute, Lecomte a des visées de subversion : contre une certaine religiosité exercée en faveur de l’art. Contre le plus clinquant qui soit. L’art technologique nommément, dont les prétentions symboliques sont moins garanties que proclamées. Comme l’écrit Patrick Amine, relevant leur caractère tinguélyen, « les machines évolutives de Frédéric Lecomte existent pour atomiser l’univers multimédia, de la vidéo et du virtuel : de l’ensemble des arts plastiques [même], par de nombreuses et discrètes « météorites symboliques ». On ne saurait mieux dire, encore que la discrétion que pointe le chroniqueur à leur propos paraisse quelque peu erronée. Si les machines de Lecomte sont comme des projectiles aussi flamboyants que destructeurs, elles se révèlent tout autant fort bruyantes, encombrantes voire carrément envahissantes. Ce que l’on admettra... (archive)

 

Paul Ardenne

Conversation chez les cailloux, 2012

environ 100 collages en 10X15cm

Galerie José Martinez, Lyon 2001

Mains blanches et pattes de velours Lyon 2001